Madame Dufour, présidente et mairesse, madame et messieurs les conseillers municipaux, en ce début d’année 2023 j’aimerais partager avec vous mes réflexions relatives à l’avenir de cette ville. Puis-je Madame la présidente? … Bien!

J’aurais pu vous souligner les opportunités de faire des économies à moyen terme dans certains secteurs tels la Société de transport du Saguenay avec ses autobus vides, l’opération du quai de croisières qui est un gouffre financier, la structure de Promotion Saguenay qui n’aboutit à rien ou les salaires et avantages sociaux très au-dessus de la moyenne de nos quelque 1250 employés municipaux. La ville qui, conséquemment, a les plus importants frais de financement.   Mais il y a malheureusement encore plus urgent.

Je m’explique, la Ville de Saguenay ne va nulle part et pourquoi? Les raisons en sont multiples mais les causes principales remontent à la création de la ville : vous avez hérité d’une ville qui était déjà en perte de vitesse en matières économique et démographique, d’une ville disproportionnée, 13% seulement de son territoire étant urbain, d’une ville composée d’un amalgame de villages et municipalités éloignés les uns des autres, qui n’est en réalité qu’une municipalité régionale de comté, d’une ville qui n’a pas respecté les critères de base d’une bonne représentativité électorale, d’une ville sans nom qui lui est propre, et ce, grâce à un processus de consultation bidon. À propos de ce dernier point, soit le NOM :

« Ce fut une erreur » … « J’aurais dû être plus ferme » … « J’ai manqué de courage ». Voilà l’aveu public récent de l’ex-premier ministre du Québec, Monsieur Lucien Bouchard, qui en 2001 a plié devant son électorat et qui a laissé la ministre Harel imposer le nom Saguenay.

« Ce ne fut que politique », m’a déclaré en 2019 M. Jean-Pierre Blackburn, grand organisateur du mouvement pour le nom de Saguenay en 2002. « C’est certain, m’avoue-t-il, que si une commission indépendante avait été formée pour le choix du nom, c’est Chicoutimi qui aurait été choisi, ce ne fut que politique notre affaire. » Les slogans de 2002 venaient de disparaître.

Ne vous demandez pas pourquoi vous avez un problème d’image.

Une commission parlementaire

J’estime que le début de 2023 devrait être dévolu à un examen de conscience à propos des bases sur lesquelles repose cette ville. Vous vous apercevrez rapidement qu’il est impossible de s’en tenir au statu quo. La meilleure chose à faire serait d’en discuter avec la ministre des Affaires municipales. La moindre des choses pour l’instant serait de décréter un moratoire pour toutes dépenses ou investissements qui ne sont pas associés aux besoins essentiels de la population et d’éviter les investissements de développement en dehors du périmètre urbain des anciennes municipalités de Chicoutimi et Jonquière, excluant aussi la majeure partie des zones agricoles et forestières. De plus, les investissements à caractère régional ou provincial ne devraient plus faire partie du budget de la ville. La situation est si critique qu’une demande d’une commission parlementaire devrait être adressée à la ministre des Affaires municipales pour remettre en question les décisions et gestes qui ont abouti à ce fiasco en 2001 et 2002. Nous sommes la seule ville dont les résultats financiers avant conciliation à des fins fiscales[1] sont très largement déficitaires d’une année à l’autre. Peut-être même qu’il est temps qu’il faille envisager la tutelle pour cette ville ingouvernable.

Fini le temps pour les élus de s’occuper uniquement de leur district respectif. « Le conseil municipal représente les citoyennes et les citoyens et prend les décisions sur les orientations et les priorités d’action de la municipalité » nous précise le ministère des Affaires municipales. Tout est à refaire à ce point de vue dans cette ville issue des fusions de 2002. Le bien-être des citoyens ne se résume plus à son environnement immédiat.  Lire les rapports des experts et des comités, les comprendre, y réfléchir, échanger avec les citoyens et les élus et décider des gestes à poser. Voilà la priorité d’un conseil municipal.

Mais soyez sans crainte vos postes ne sont pas en danger puisque les affaires municipales n’intéressent qu’une minorité. Soyez toutefois conscients que ce n’est pas aux générations futures à payer pour cette gaffe monumentale que nous subissons tous.

À quand, distingués membres du conseil, votre plan d’action commun pour les prochaines années?

Merci de votre attention.

Une copie de ce document vous sera remise à la fin de cette assemblée.

 

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Jacques Pelletier

Ex-administrateur et ingénieur à la retraite

Cofondateur et ex-président de l’ERD de 2011-2013

Ex-président du Mouvement Chicoutimi 2017-2021

Candidat dans le district # 10 en 2021

Chroniqueur municipal depuis 2020

 

418-696-2012

Jacquespelletier5@videotron.ca

Jacques Pelletier – Éditions Ichkotimi – Chroniques municipales

 

CC : Autres membre du conseil :

 

District 1,   vice-président de l’arrondissement de Jonquière, Jimmy Bouchard

District 2,   Claude Bouchard

District 3,   Michel Thiffault

District 4,   Kevin Armstrong

District 5,   président de l’arrondissement de Jonquière, Carl Dufour

District 6,   Jean-Marc Crevier

District 7,   Serge Gaudreault

District 8,   Mireille Jean

District 9,   vice-président de l’arrondissement Chicoutimi, Michel Tremblay,

District 10, président de l’arrondissement de Chicoutimi, Jacques Cleary

District 11, Marc Bouchard

District 12, Michel Potvin

District 13, président de l’arrondissement de La Baie, Raynald Simard

District 14, Jean Tremblay

District 15, vice-président de l’arrondissement de La Baie, Martin Harvey

[1] Le budget 2023 de la Ville de Saguenay: – Jacques Pelletier %

 

6 réponses pour “Adresse au conseil municipal: une ville dans un cul-de-sac”

  • Vous avez entièrement raison, la ville de Saguenay, au niveau des projets et financièrement ne va pas bien du tout et cela depuis longtemps, il fallait qu’il ait quelqu’un qui réveille la population à la situation de la ville, Monsieur Pelletier, je vous félicite et vous avez beaucoup de courage, j’espère que cela va provoquer de bonnes réactions

    • Tout ce que j’espère, c’est que les élus, et plusieurs en sont déjà très conscients, réalisent qu’il est plus que temps de prendre une pose et de réfléchir à nouveau sur la structure de cette ville.

  • Le seul moment où les futurs élus échangent avec les citoyens, c’est un mois avant les élections, le restant des autres 47 mois, tout se fait en cachette et tout ceci se fait dans chaque arrondissement, comment voulez vous qu’une ville puisse fonctionner?

  • Peut importe, il faut éboulement revoir toutes ces décisions aberrantes prises par Jean Tremblay et Ghislain Harvey

  • Voilà un discours rationnel et très pertinent. Bravo M.Pelletier et la population doit en prendre note. Espérons que nos élus et nos décideurs seront conséquents et agirons dans l’intérêt de tous les citoyens et ce le plus tôt possible. Les erreurs au sujet de cette ville peuvent encore être corrigées. On garde confiance.

  • En temps normal, un maire ou une mairesse avec ses conseillers, ce serait à eux de prendre les meilleures décisions pour le bien de la ville. L’un des plus gros problèmes que ville de Saguenay vit, c’est qu’il y a beaucoup trop de petits boss qui prennent des décisions et cela n’est pas d’hier.

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