Manque d’éclairage dans certaines rues ou parcs, déneigement inapproprié, noms manquants pour certains quartiers, trop de dos d’âne, réparation des égouts, des bordures de ciment et de l’asphalte dans plusieurs rues dégradées, vitesse et bruit excessifs dans les quartiers et sur les voies principales limitrophes, manque de sécurité pour traverser certaines rues, parcs de quartier mal entretenus ou manquant de jeux pour les tout-petits, pistes cyclables non entretenues l’hiver, pas de corridors pour le vélo urbain, voilà ce qui retient le plus l’attention des contribuables de mon quartier, soit des sujets qui touchent quotidiennement leur qualité de vie. À cela s’ajoute leur peu d’intérêt pour les gros projets qui viennent gruger les budgets pour les infrastructures.

On peut en conclure que les travaux qu’ils considèrent prioritaires sont associés aux responsabilités de base d’une ville : infrastructures telles les services d’aqueduc et d’égouts, les routes, auxquelles on peut ajouter les parcs de quartier. Mais comment dégager les budgets nécessaires pour satisfaire ces besoins primaires. La valeur actualisée de ces immobilisations est certainement de plus de deux MM$ (milliards de dollars). Si on applique un amortissement correspondant à la durée de vie utile de ces immobilisations, soit une période moyenne de 40 ans, on doit donc réinvestir annuellement plus de 75 M$, soit 50 M$ uniquement pour éviter une dégradation supplémentaire et 25M$ pour rattraper un retard de plus de 15 ans. Or, selon les rapports financiers de 2019 et de 2020, la Ville n’a investi qu’entre 40 et 50 M$ annuellement. Et on ne parle même pas d’un autre 30 M$ que la ville dépense pour les autres immobilisations (réseau électrique, bâtiments, véhicules, machinerie, ameublement, etc.)

Il est évident que la marge de manœuvre est nulle et qu’elle ne peut compter sur des revenus additionnels pour satisfaire tout le monde. Les augmentations de taxes auxquelles se sont engagés les candidats à la mairie ne dépassent pas l’inflation. L’augmentation du parc immobilier taxable fait du sur-place. On n’a qu’à constater les baisses de la valeur foncière des usines de Rio Tinto. Tous savent très bien que depuis plusieurs années des efforts ont été faits pour diminuer les frais d’opérations. Vous connaissez le résultat : nul. Et même si on parvenait à entreprendre un vrai programme de réduction des coûts, les effets sur les résultats financiers ne se feraient pas sentir avant trois ans.

Il est donc plus que nécessaire d’avoir un moratoire sur toutes les autres dépenses et de prendre le temps qu’il faut pour que le nouveau conseil municipal prenne connaissance de la réalité (un état précis de la situation pour remettre et conserver les infrastructures en ordre), pour reprendre le processus d’affectation du territoire,  pour que ses membres s’entendent sur les priorités et qu’ils aient le temps de monter des dossiers solides pour les projets retenus, sur leur impact financier et sur leurs vraies retombées socio-économiques.

Au lieu de ne parler que de projets, commençons par parler de gouvernance. 

 

4 réponses pour “Après plus de 4 300 portes, que retenir?”

  • Très intéressant, enfin une mise en jeux intéressante sur la gestion de base de la ville. Ce qui devrait après un certain temps nous aider à propulser notre ville vers un meilleur avenir.

    Merci

  • Merci,
    Un bon états des faits…..
    Les choix à faire seront toujours difficiles, mais une bonne ligne d’action sur l’ensemble devra être entendue par les élus et ainsi éviter des chicanes de clocher ou de personnalité.. Le bateau doit naviguer correctement…

  • Ouais! Mais rien, absolument rien sur l’injuste répartition des représentants entre arrondissements…un accroc permanent à la démocratie, choquant comme une verrue en pleine face. Vraiment rien?
    Rien non plus sur le nom de la ville. On dirait que la population de Chicoutimi a perdu sa mémoire et complètement abdiqué. Alors que fais-je moi-même dans cette galère?

    • Je comprends votre frustration. Je suis tout à fait d’accord que la mémoire collective s’estompe. Mais je ne peux pas parler à chaque fois de ces points qui nous préoccupent tous. Je prépare un appel téléphonique automatisé qui me permettra de revenir sur ces sujets.

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