Les sept municipalités fusionnées ont besoin d’oxygène
Une fusion ratée, des besoins irréconciliables entre les secteurs, une gouvernance d’amateurs et un développement économique anémié, voilà ce qui caractérise cette unité administrative qui se désigne du nom de Ville de Saguenay.
Tout doit être remis en question.
Que faire d’une ville qui, à toutes fins pratiques, a le même schéma d’aménagement que lors de la fusion, signe évident que chaque secteur est resté sur ses positions et qui démontre clairement que la fusion n’est qu’une feuille de papier qui s’appelle le décret 841-2001 et qui ne correspond à aucune réalité? Mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas un reproche que j’en fais mais une constatation. Personne n’aurait pu changer quoi que ce soit sinon de ne pas se fusionner.
Que faire d’une ville aussi déficiente en matière de gouvernance? À tel point que les principes fondamentaux qui devraient la caractériser, tels la transparence, l’accueil de ses citoyens, l’efficience, l’efficacité ou la gestion de projets sont très peu respectés.
Que faire d’une ville qui, depuis la fusion, a saupoudré les investissements dans chaque arrondissement de façon à vouloir plaire à tout le monde, les salles de spectacles étant l’exemple le plus frappant, une ville qui a multiplié les bureaux touristiques pour les mêmes raisons, une ville avec cinq centres-villes[1] dont trois à Jonquière, une ville qui ne peut se brancher pour la conservation ou non de ses lieux patrimoniaux cultuels[2] et qui, récemment, va même jusqu’à vouloir relocaliser des institutions plus que centenaires dans un autre arrondissement, telle la Société Historique du Saguenay?
Que faire d’une ville surendettée qui ploie sous les frais de financement, les déficits de fonctionnement, sans être capable de générer suffisamment de revenus pour satisfaire les besoins de base réclamés par les citoyens et leurs conseillers municipaux?
Que faire d’une ville dont l’organisme voué au développement économique a brulé plus de 150 M$ pour son fonctionnement depuis 2005, et qui, pourtant, se retrouve après 20 ans au même point en matière de démographie? Cette ville qui affichait, en 2003, une richesse foncière 24 % plus élevée que la moyenne de trois villes comparables au Québec et qui, en 2024, se retrouve la moins riche dont 42 % inférieure à deux d’entre elles? Le taux d’emploi au Saguenay était au début de 2024 de 55 % alors que la moyenne provinciale se situait à 62 %, un écart énorme.
Que faire de cette ville disproportionnée et dysfonctionnelle de 1165 km2 dont 13% seulement du territoire est urbain? Peut-on parler d’une ville?
Des gestes fermes et courageux
Il n’y a qu’une seule chose à faire : à titre de candidat à la mairie, je m’engage, dès le début de mon mandat, à former une commission pour en faire le post mortem et valider les autres options possibles de regroupement dont celle que je vous propose, soit la formation d’une communauté urbaine qui consiste à remettre à chaque ancienne ville son indépendance quant à son devenir et sa fierté d’y vivre tout en partageant des services communs.
Redonner confiance aux citoyens envers l’administration municipale, voilà le défi.
Nous pouvons y arriver par une évaluation critique de la situation actuelle tant au niveau du regroupement municipal qu’à celui de la gouvernance et par une revue rigoureuse du plan triennal d’investissements, des revenus et des charges consolidées. Et ce, avec la plus grande transparence tant au niveau du conseil municipal qu’au niveau de l’évaluation des projets et des résultats financiers. La grosseur de la ville importe peu, c’est le dynamisme régional qui doit faire force de tout. Nos économies sont intimement liées et il faut s’assurer que les forces vives de chaque municipalité y participent incluant celles actuellement regroupées artificiellement sous le nom de Ville de Saguenay.
Vivre ensemble autrement, c’est ce que je m’engage à réaliser avec votre participation.
[1] Ville de Saguenay | Les centres-villes
[2] Cultuel : relatif à un culte religieux. Ex : église Saint-Édouard, église Sainte-Thérèse.
Merci de votre attention,
Jacques Pelletier, contribuable et candidat à la mairie de Saguenay