Saguenay, à contre-courant

Avertissement: Malgré que je me présente comme candidat indépendant, je demeure convaincu que les partis politiques municipaux devraient être la meilleure façon de se préparer à la gouvernance d’une ville.  Malheureusement, actuellement à Saguenay, mon opinion relative à ce que devrait être cette ville ne peut être appuyée par aucun candidat à la mairie qui a besoin de faire le plein de votes dans les trois arrondissements.  

Le Directeur général des élections nous apprend qu’en 2020, 80 % des municipalités de plus de 50 000 habitants[1] ont au moins un (1) parti politique et près de 75% des candidats[2] élus en 2017 étaient des membres d’un parti  politique. De plus, 59 municipalités de moins de 50 000 habitants se partagent 84 partis politiques. Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, MAMH, encourage fortement la formation des partis politiques.

Pourtant, ici au Saguenay, plusieurs médias ou citoyens prétendent que les partis politiques n’ont pas leur place sur la scène municipale. Laissons Madame Sandra Breux, professeure-chercheuse[3] leur répondre :

«Premièrement, les partis politiques municipaux demeurent d’abord et avant tout des vecteurs d’information, qui contribuent à diffuser et à teinter les enjeux d’une campagne électorale. En l’absence de formations politiques, il est très difficile pour un électeur d’obtenir de l’information suffisante et pertinente pour juger le mandat des candidats sortants. Pour certains cependant, les partis politiques n’ont pas leur place à cette échelle de gouvernement. Celle-ci ne serait pas le lieu adéquat pour débattre d’enjeux sociaux ou de valeurs en raison du caractère technique des décisions à prendre. Cet argument manque cependant de solidité : les municipalités débattent en effet constamment de la façon dont elles doivent se construire et se développer.»

«Deuxièmement, les partis politiques soutiennent les candidats dans l’organisation de la campagne électorale, notamment en leur offrant de plus amples moyens humains, matériels et financiers». [Pensons aux économies d’échelle pour la publicité].

«Enfin, les partis assurent un renouvellement récurrent de la classe politique…et si la représentativité contemporaine de la classe politique municipale est loin d’être parfaite, il y a fort à parier qu’elle serait encore moindre sans le recrutement qu’opèrent les partis politiques. La présence de partis politiques municipaux constitue donc une force de la scène municipale québécoise.» Fin de la citation.

Attention à deux choses : premièrement, prudence face à un parti politique créé par un candidat à la mairie qui est la seule personne à choisir ses candidats et qui n’a généralement pas de programme ni de statuts, et deuxièmement, est-ce qu’un candidat indépendant, une fois élu et malgré toute sa compétence, peut avoir la même influence au conseil de ville qu’un membre d’un parti. Oui, nous devons respecter le choix d’un citoyen de se présenter comme candidat indépendant. Ce dernier devrait toutefois montrer ses couleurs dès le début de son mandat en  expliquant ce qu’il a l’intention d’appuyer  ou non dans le programme du groupe ou du parti au pouvoir.   

Il faut une opposition à l’organisation qui nous gouverne mais une opposition structurée. Il vaut mieux «négocier» avec un ou deux autres partis politiques que d’être en constante opposition avec une demi-douzaine ou plus de conseillers indépendants possédant chacun leur vision personnelle des choses. Dans une entreprise ne vous imaginez pas que tous les membres d’un bureau de direction partage les mêmes priorités et les mêmes choix de développement que le directeur général mais ils sont conscients que, pour le bien de l’entreprise, il leur faut se rallier tout en n’hésitant pas à donner leur point de vue.

La période électorale, ce n’est pas un champ de bataille, mais plutôt une opportunité de connaître les enjeux importants pour le devenir de la ville et les solutions que chaque parti ou candidat nous propose.

Les critères à retenir par l’électeur pour choisir un candidat devrait être l’évaluation du programme proposé par son parti ou par le candidat s’il est indépendant, son expérience pertinente,  sa compétence en matière de gouvernance, son esprit d’équipe et évidemment sa disponibilité. Vous remarquez que la notoriété, bien qu’elle aide à se faire élire, n’est toutefois pas un critère d’évaluation. Le style de gouvernance est beaucoup plus important que les slogans, les gazouillis, et les simples déclarations. Sans parler des listes d’épicerie (pardon! de projets) populistes qui détournent l’attention de l’électeur.

 

 

Jacques Pelletier,

jacquespelletier5@videotron.ca

 

 

[1] Compilation des données à l’aide de ce site :  https://www.electionsquebec.qc.ca/francais/municipal/repaq/consultation-partis-politiques.php

[2] Compilation des données à l’aide de ce site :   https://www.mamh.gouv.qc.ca/organisation-municipale/democratie-municipale/archives-des-resultats-des-elections-municipales/

[3] Extraits du site «À quoi servent les partis politiques municipaux?» – Revue Relations (cjf.qc.ca)

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