Vallée des rois, Égypte1 400 av. J-C. – « La vallée des Rois[1] est une région d’Égypte située sur la rive occidentale du Nil à hauteur de Thèbes (aujourd’hui Louxor). La vallée est formée d’une faille dans la chaîne Libyque qui débouche sur la vallée du Nil. La vallée des Rois est connue pour abriter les hypogées Hypogée — Wikipédia (wikipedia.org) de nombreux pharaons. »

Vallée de l'aluminium (4 alumineries en voie de disparition)2 047[2] de notre ère –  La Vallée de l’Aluminium est une région du Québec située sur la rive nord du Saint-Laurent à hauteur de Tadoussac. La vallée est formée d’une faille dans la chaîne des Monts Grenville qui débouche sur la vallée du Saint-Laurent. La vallée de l’aluminium est reconnue pour abriter les vestiges de nombreuses alumineries.

Une vision apocalyptique du devenir de la région après 2047?  Peut-être pas malheureusement.

Je ne reviendrai pas sur mes dernières chroniques qui viennent appuyer ce que quelques spécialistes et politiciens réclament ou dénoncent[3] depuis plusieurs années, entre autres, une mobilisation générale des forces vives de la région du SLSJ. On y était presque en novembre 2020, avec la création[4] d’une table régionale de concertation, « la Table », afin d’établir une stratégie sur le développement de l’aluminium. On apprend, en avril 2021, que ce groupe va présenter une proposition aux deux paliers de gouvernement : « Observatoire indépendant sur l’aluminium, construction des usines de fabrication et d’assemblage des anodes inertes Elysis au Saguenay–Lac-Saint-Jean, entente de maximisation des retombées, fonds de transition et augmentation des 2e et 3e transformations, c’est ce que propose la Table de concertation sur l’aluminium pour maximiser les retombées de l’implantation et diminuer les impacts sur les emplois de la nouvelle technologie Elysis dans la région »[5]. Voilà du moins ce que rapporte le Journal. Réponse gouvernementale : le Ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne et le ministre provincial de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon font la sourde oreille.

Depuis, silence radio des représentants de la Table

À mon humble avis, la Table, si elle ne s’en est tenue qu’au dossier Elysis, a fait un pas bien timide en sachant que le développement de cette technologie est encore hautement spéculatif comme l’est d’ailleurs l’AP60.

Rio Tinto va finir de démolir les dernières cuves précuites à Arvida. Rio Tinto n’a aucun projet pour compléter la construction des phases 2 et 3 de la technologie AP60, si ce n’est une petite rallonge de 16 cuves. Rio Tinto et Alcoa n’ont rien promis pour Elysis et, de surcroît, elles ont probablement déjà pris la décision de faire fabriquer les composantes en céramique aux États-Unis avec l’entreprise qui leur en fournit actuellement pour leur usine de démonstration.

Les usines actuelles de Rio Tinto au SLSJ sont compétitives et rentables. Le bas coût de l’énergie compense amplement pour un coût de main d’œuvre plus élevé. D’autant plus que les projets d’amélioration de productivité à venir devraient réduire l’écart tout en diminuant une fois de plus les emplois. Mondialement doit-on associer le mot « productivité » à la robotisation ou devrait-on y ajouter l’utilisation d’une main d’œuvre outrageusement bon marché qui nous fait penser à de l’esclavage industriel? 

« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », nous dit le proverbe.

Je suggère donc à la Table de réduire sa liste d’épicerie et je leur propose en tout respect de se concentrer sur un projet bien concret comme la construction d’une aluminerie d’une capacité de 500 000 tonnes, soit la norme actuelle, basée sur les meilleures technologies EXISTANTES.

Rio Tinto va très certainement s’objecter en déclarant que les coûts de construction d’une aluminerie au Saguenay ou au Québec sont 100% trop élevés. Est-ce qu’on se base sur le projet de Kitimat qui fut un fiasco de bout en bout et qui a effectivement coûté le double d’une construction normale? Est-ce qu’on tient compte que le site de Jonquière est déjà doté de multiples infrastructures? Ajouterait-elle que si jamais un tel projet était envisagé, il faudrait faire fabriquer tous les modules à l’étranger et en faire l’installation, tel un jeu Lego, ce qui diminuerait sensiblement les retombées économiques à court terme. Et après?  Les terrains rendus disponibles au Complexe Arvida pourraient peut-être convenir (avec assentiment de Rio Tinto ou par expropriation).

À défaut de voir Rio Tinto réaliser un tel projet, il est temps que la région en propose un  concret. Pour ce faire, la Table devrait désigner un Monsieur ou Madame Aluminium qui aurait les budgets et le personnel requis pour remplir son mandat tel que je l’ai proposé dans une de mes dernières chroniques.

  Plan du Complexe Arvida de Rio Tinto

[1] Vallée des Rois — Wikipédia (wikipedia.org)

[2] La Presse, 8 février 2018, 250 M$ pour accroître et prolonger la vie de cette usine de bauxite à Arvida jusqu’en 2047.

[3] Il est questions de gens comme Jean-Marc Crevier, conseiller municipal et ex-syndicaliste, Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, Marc-Urbain Proulx, directeur du centre de recherche en développement territorial UQAC, Roger Boivin, chroniqueur et spécialiste en étude de développement économique, auxquels vont s’ajouter tous les membres de la future table régionale de concertation.

[4] Ville de Saguenay, Communiqué de presse, 23 novembre 2020, La région crée une table de concertation.

[5] Elysis | La Table de concertation sur l’aluminium dévoile ses recommandations | Journal Informes Affaires (informeaffaires.com)

 

3 réponses pour “La Vallée de l’Aluminium, une nouvelle Vallée des Rois?”

  • Bien que tu ne l’affirmes pas explicitement, « La Table » a beau se réunir et préparer des demandes aux autorités provinciales et fédérales, la question est de savoir de quelle légitimité dispose ladite « Table ». Selon moi elle est plutôt réduite, d’où le relatif silence à ses demandes. Avant de réclamer quoique ce soit, la région doit réapprendre à parler, à développer son vocabulaire, à apprendre à vivre avec les autres et les siens, à se comporter dignement autant dans la cours de récré que dans la classe où une personne dignement reconnue peut conduire le groupe vers ses buts. Et pour y arriver elle doit se doter d’une structure reconnue, tant par les acteurs régionaux que par les autorités centrales, et surtout, de disposer d’un soutien adéquat pour mener à bien son mandat.
    Je parle pas ici de la « Table des préfets » censée représenter les intérêts de la région, constituée de personnes qui ne carburent qu’à l’instinct électoraliste, c’est-à-dire, les élus.

    • Monsieur Girard,
      Très bien dit! Pour un tel dossier, oui, il faut un «Chargé de projet» qui soit indépendant du politique mais qui est appuyé par le réseau d’influence des élus. Tout n’est que politique et lobbying entre Rio Tinto et le gouvernement québécois. Pour piloter ce dossier, il faut être structuré comme vous le dites, mais aussi connaître parfaitement le domaine et tenir compte de l’impact socioéconomique régional tout en étant conscient de l’environnement mondial.

  • Pendant qu’au SLSJ les chicanes entre fratries continuent de plus belles, alimentées par des intérêts privés exploitant sans vergogne nos ressources naturelles au détriment du bien commun et de l’avenir collectif, avec la complicité d’un gouvernement ultra centralisateur, les autres régions et villes du Québec ( Sherbrooke, Drummondville, Laval ) en profitent pour établir des plans de développement crédibles, se structurer et passer à la caisse.
    Faudrait se ressaisir et arrêter d’avoir peur avant qu’il ne soit trop tard.
    Tout royaume divisé contre lui-même périra!

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