A-t-on choisi la bonne solution pour une bonne gestion et un rayonnement économique tant au plan administratif que financier?

Que recherchait-on, en 2001, avec la fusion de ces sept municipalités du Haut-Saguenay? Le gouvernement du Québec, c’est-à-dire la ministre Harel, nous a « vendu » son livre blanc de 2000[1] en se basant sur les arguments suivants : une vision commune du devenir des collectivités, une prise en considération des objectifs gouvernementaux en matière de développement durable et d’aménagement, dont la protection des zones agricoles, et un secteur municipal plus efficace.

Pour elle et son gouvernement, les regroupements étaient la solution aux problèmes de l’organisation municipale. Elle s’appuyait sur le rapport de la Commission nationale sur les finances et la fiscalité locales, paru en avril 1999[2]. Voici les deux options que recommandait cette commission en ce qui concerne le regroupement municipal de « Chicoutimi-Jonquière » et des autres municipalités environnantes:

     A.   le maintien du découpage actuel des municipalités locales, assorti d’un transfert majeur de responsabilités à l’instance  supramunicipale dont le territoire inclut l’agglomération, ou

     B.   le regroupement en une seule municipalité des municipalités locales de l’agglomération ou du centre urbanisé de celle-ci, assorti d’un transfert de responsabilités moindre à l’instance supramunicipale.

Densité de population des grandes villes du  QuébecOn constate que c’est l’option B) qui a été retenue. La Ville assumera aussi le rôle de MRC (Municipalité régionale de comté) qui est l’instance supramunicipale mentionnée ci-dessus. Elle est donc seule maître à bord.

Cette nouvelle ville couvre un immense territoire de 1 165 km2. Alors 6e plus populeuse parmi les grandes villes du Québec, sa densité de population par km2 (col.2) et sa densité de population par km de route (col.4) sont anémiques. Le tableau ci-contre parle de lui-même. Ces très faibles densités sont un handicap majeur pour assurer des services de qualité (sûreté, incendie, transport en commun, entretien des rues, hygiène du milieu, etc.) et satisfaire toutes les règles environnementales. À titre de capitale régionale s’ajoutent d’autres services tels, entre autres, l’aéroport de Bagotville (depuis 2000) et le quai des croisières à La Baie en 2008.

Sans négliger aussi sa participation financière au territoire industrialo-portuaire à La Baie et sa contribution financière à des sites régionaux touristiques ou culturels hors- murs.

Le gouvernement a formé une ville dont chaque secteur avait, en 2001, sa vocation particulière et qui, à première vue, assurait une complémentarité pour créer une synergie prometteuse. Le schéma d’aménagement révisé de la ville de Saguenay[3] SADR, adopté le 2 novembre 2020[4], nous apprend que le périmètre urbain ne représente que 165 km2, soit 13 % de la superficie totale de la ville. Comment a-t-on pu justifier de laisser à un petit gouvernement local, qui ne compte essentiellement que sur la taxe foncière, la responsabilité de gérer et d’entretenir un tel territoire?

Maintenant au 8e rang des villes les plus populeuses, son déclin démographique, à tout le moins comparatif, amorcé en 1995, n’a cessé de se poursuivre, conséquence de fermetures d’usines et de « rationalisation » de certaines autres. Cette décroissance n’aide sûrement pas à concevoir un plan de développement équitable pour tout le territoire sans devoir déshabiller Paul pour habiller Jean.

La révision du schéma d’aménagement est un moment propice pour faire face à la réalité et tout remettre en question.
Nos élus auront-ils le courage de le faire?

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[1] La réorganisation municipale, Gouvernement du Québec, 2000, page 55-57

[2] Pacte 2000, Rapport de la commission nationale sur les finances et la fiscalité locales, page 272

[3] SADR,  Ville de Saguenay, page 5-3

[4] https://ville.saguenay.ca/files/communiques/2020/schema_amenagement_revise.pdf

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