C’est toujours avec beaucoup d’intérêt qu’à chaque dimanche matin je lis les deux pages que le Journal de Québec réserve à la Société historique de Québec. Aujourd’hui, on nous parle de l’histoire du chemin de fer à Québec[1]. Un élément a retenu mon attention : l’importance du milieu d’affaires anglophone en plein cœur de la ville de Québec au cours des années 1850 à 1900. En effet, dans quelle langue désignait-on les compagnies de chemin de fer (train ou tramway)? En voici des exemples :

1853 – « La bourgeoisie de la ville de Québec crée le Quebec North Shore Railway (QNSR) »,

1863 – « Un groupe d’hommes d’affaires fonde le Quebec Street Railway. Le tramway circule à cette époque par les rues Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Joseph »,

1875 – « Une loi sanctionne la création de la compagnie Quebec and Lake St-John Railway. La vocation première de ce nouveau chemin de fer est de se rendre dans la région du Lac-Saint-Jean pour faciliter la colonisation ».

1877 – « Le gouvernement du Québec va créer le chemin de fer Quebec, Montreal, Ottawa & Occidental Railway (QMO&OR) », oui le gouvernement!,

1878 – « C’est au tour de la Haute-Ville d’être desservie par le tramway, le St. John’s Street Railway »,

1897 – « Les tramways fonctionnent à l’électricité. La compagnie Quebec District Railway fait son apparition dans les rues de la ville ».

« Maître chez nous », slogan du Parti libéral du Québec en 1962

L’utilisation de l’anglais dans les milieux d’affaires remonte naturellement à la conquête et au traité de Paris en 1763. La reconnaissance du français[2] marque un premier pas, en 1962, avec la création d’Hydro-Québec, Hydro-Québec devient ainsi une des plus grosses sociétés d’État en Amérique du Nord et, fait significatif, le français caractérise son environnement de travail. Source de fierté pour les Québécois, le slogan « Maîtres chez nous[3] » devient une source d’importante initiative nationaliste comme la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec ou encore du ministère de l’Éducation ». La création de la Charte[4] de la langue française en 1977 fut une autre étape qui a permis d’introduire l’usage du français dans les milieux d’affaires. Des événements récents nous démontrent que la partie n’est pas gagnée. Espérons que notre gouvernement provincial saura contrer le recul que le français subit actuellement, non seulement dans les entreprises mais aussi dans les médias dont à la radio et à la télévision.

Psst, saviez-vous que le nom français pour désigner un « tramway » est « tram », mais ne soyons pas trop puriste, quoique l’homéopathie linguistique saura nous achever.

[1] [EN IMAGES] Voici 8 choses à savoir sur l’histoire du chemin de fer à Québec | JDQ (journaldequebec.com)

[2] 14 novembre 1962 « Maîtres chez nous » | Je me souviens

[3] Qui est récitus : Le Service national du RÉCIT de l’Univers Social relève des ressources didactiques du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.

[4] 603 – Les 40 ans de la loi 101 : la Charte de la langue française et les communautés québécoises d’expression anglaise, 1977-2017 | Acfas.

2 réponses pour “1850, en français s.v.p.!”

  • Ce n’est pas d’aujourd’hui que la langue française est bafouée et le pire, ça continue. Heureusement qu’il y a encore des défenseurs. Merci M. Pelletier de nous informer.

  • Gregory Charles vient de faire une sortie contre les candidats à Star Academy qui majoritairement choisissent des chansons en anglais. En fait pourquoi ce concours ne s’appellerait-il pas l’ Académie des stars?

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